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Blandine, France, 5th of November in 1991. Inspired by Neverland, Gus Van Sant's work, Chaplin and Méliès, and others. Loves natural beauty and flees from liars. Enjoys life

I decided a few days ago to post more of my work in photography here. I shoot films with a Canon T50, a Canon T70, my new baby Agfa Sillette-F and some lomography camera. I developed black & white film when i can go to a darkroom.

All my photos are in the real life link.
But everything is on F L I C K R and L o m o H o m e



les petits rêves

« L’oiseau qui avait déployé ses ailes / n’a pas eu le temps de les refermer / chute libre. L’histoire du soir / a touché à sa fin / le jour a touché à sa fin / autre jour / autre histoire. Le présent / à présent / s’est changé en passé. Le présent / va vers le passé / avant même qu’on ait pu bouger. Le vent / a emporté l’oiseau / là où il voulait / là où / l’oiseau ne voulait pas. À coup sûr / ce chagrin / va finir / sinon / ce sera moi. » Abbas Kiarostami, des milliers d’arbres solitaires.

Fille d’acier je n’aimais personne dans le monde
Je n’aimais personne sauf celui que j’aimais
Mon amant mon amant celui qui m’attirait
Maintenant tout a changé est-ce lui qui a cessé de m’aimer
Mon amant qui a cessé de m’attirer est-ce moi?
Je ne sais pas et puis qu’est-ce que ça peut faire tout ça?
Maintenant je suis couchée sur la paille humide de l’amour
Toute seule avec tous les autres toute seule désespérée
Fille de fer-blanc fille rouillée
O mon amant mon amant mort ou vivant
Je veux que tu te rappelles autrefois
Mon amant celui qui m’aimait et que j’aimais.
Jacques Prévert, “Fille d’acier”, Paroles.

Espérance

profeticwarpaint:

Un jour, j’ai poussé la porte où était inscrit : « Diminue la douleur de la distance », et je suis entré dans une salle du palais de la mémoire. Il y avait partout des livres vivants. Entre mille autres de ces livres vivants j’ai choisi d’explorer la douleur de l’absence d’un être aimé. Il m’est aussitôt apparu que cette douleur était une maladie guérissable. Je me suis aventuré plus avant dans la salle. Entre mille autres voix, j’ai entendu ceci : « Plutôt que de t’enfermer dans le chagrin ou l’indifférence, cultive les sensations que l’être aimé a laissé en toi, redonne vie, dans tes dedans, à la tendresse, à la douceur. Si tu revivifies ces instants de bonheur passés, si tu les aide à pousser, à s’épanouir, à envahir ton être, la distance peu à peu se réduira, la douleur peu à peu s’estompera. Tu peux recréer ce que l’oubli a usé. » Je me suis émerveillé de ce pouvoir et de mes capacités à explorer cette vaste bibliothèque que j’avais en moi. Alors j’ai choisi, entre mille autres choses, une journée d’amour éblouissante et douce. Elle était là, elle n’avait jamais servi à personne. Je suis entré dedans. Ses couleurs, ses senteurs, sa foisonnante plénitude se sont aussitôt réanimées. J’ai pensé : « Pourquoi ne ferais-je pas de ce jour-là, de temps en temps, ma prière du matin ? » Et soudain m’est venu : « Cette jubilation, cette gloire innocente, si cela était Dieu ? » Il y avait aussi cette question, cet emportement du cœur, entre mille autres choses, derrière la porte où était inscrit : Diminue la douleur de la distance ! »

Luis, dans Les sept plumes de l’aigle de Henri Gougaud